Un dernier billet

Ce billet, qui veut souligner le 10e anniversaire du webzine, sera le dernier. Après presque 1000 émissions de radio, plus de 500 parutions sur le blogue, près d’une centaine de capsules vidéos et une présence soutenue sur les réseaux sociaux numériques. Je mets fin aux activités d’Un Show de Mot’Arts. Mes nouvelles occupations m’empêchent d’offrir temps et ressources sur les différentes plateformes de ce projet. À cet effet, le site web sera réorganisé pour demeurer une archive pertinente; une première exposition bilan autour du projet se tiendra du 23 janvier au 27 février 2016 chez pfoac 221.

USDMA 2004-2014

À titre d’épilogue, je souhaiterais remercier tous les collaborateurs qui ont participé au volet web d’Un Show de Mot’arts. Merci à Émilie Renaud-Roy, Mike Patten, Mathieu Lacroix, Simon Bilodeau, Olivier Rioux et Christian Barré. J’aimerai aussi saluer tous les médias qui ont appuyé le projet : CISM, Choq.ca, CIBL et La fabrique culturelle. De plus, je ne pourrais passer sous silence le travail des autres collègues journalistes, critiques d’art, édimestres de webzines et blogueurs. Vous avez fait du milieu de l’art contemporain un lieu d’échange dynamique et vivant. Enfin, je demeure reconnaissant envers les différents intervenants du milieu : artistes, commissaires et professionnels de l’art. Votre appui dans cette aventure que fut Un Show de Mot’arts – ainsi que dans mes autres projets dont Direction ART MTL : une carte d’art contemporain – s’est avéré inestimable.

Direction ART MTL

J’aimerais finalement exprimer ma gratitude à vous chers lecteurs et chers internautes pour votre fidélité. Votre appui a été le plus grand service que vous pouviez me rendre. J’espère que vous serez aussi généreux avec les autres commentateurs de l’actualité artistique à qui je laisse la place. Salutations solennelles.

Photo : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’Arts.

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«La condition post-photographique», Mois de la Photo à Montréal 2015

Au moment d’écrire ce billet, le Mois de la photo à Montréal ouvre sa 14e édition. Sous le thème La condition post-photographique du commissaire invité Joan Fontcuberta, la biennale de photographie qui réunit 29 artistes provenant de 11 pays occupera 16 lieux de diffusion de la ville. Cette manifestation se veut incontournable en cette rentrée de la saison culturelle automnale.
Piccinini_Domain (1)Lors de la rencontre des médias tenue à la Parisian Laundry le quartier général de la biennale, Fontcuberta a présenté les artistes et la thématique. Selon lui, «le concept en transformation de post-photographie repose sur un espace hybride de la sociabilité numérique.» À cela le commissaire ajoute «Big Brother est devenu big data; une conséquence de la surabondance visuelle».Maloney_SyriaD’emblée, je ne partage pas plusieurs des idées qu’avance le commissaire du Mois de la photo, car sa pensée est fortement teintée d’un déterministe technologique. Fontcuberta s’appuie sur la présupposition suivante : «les technologies numériques ont formaté notre culture et notre conscience de l’image». Toutefois, le commissaire se défend; il ne veut pas démontrer les nouveaux usages de l’image, mais il s’intéresse plutôt à l’esthétique reliée à ses nouveaux procédés de communication.Rutkauskas_2La constellation d’expositions qui sont proposées durant le Mois de la photo nous offrira peut-être des pistes de réflexion à  enjeux. À cet effet, je tiens à souligner que Direction ART MTL est un partenaire média de la biennale de photographie. La carte d’art contemporain souhaite être un outil de choix et un répertoire pendant cette rentrée automnale.

 La condition post-photographique, commissaire invité : Joan Fontcuberta, Mois de la Photo à Montréal 2015, du 10 septembre au 11 octobre 2015, un peu partout à Montréal, moisdelaphoto.com.
Photo 1 : Patricia Piccinini,
Domain, 2005, de la série Nature’s Little Helpers, avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Photo 2 : Liam Maloney, Texting Syria, 2014.
Photo 3 : Andrea Rutkauskas, N 51o 20’ 40’’ W 116o 20’ 26’’ (Imagery Date: 09/14/2002), de la série Virtually There (2010 – en cours).

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David Altmejd «Flux» @ MACM : entretien avec la commissaire Josée Bélisle

Au moment d’écrire ce billet, il ne reste plus que quelques jours pour aller visiter Flux de David Altmejd au Musée d’art contemporain de Montréal. L’exposition a joui d’une visibilité hors du commun dans les médias. L’artiste a pu être vu et entendu sur toutes les tribunes. La préconférence de presse et la rencontre des médias ont attiré une foule de journalistes de tout acabit. À défaut de m’entretenir avec «la star», Josée Bélisle, commissaire de l’exposition et responsable de la collection du musée, a répondu à mes questions.David Altmejd @ MACMBélisle demeure la doyenne de l’équipe de conservateurs du musée, elle a signé plus d’une cinquantaine d’expositions au MACM. Du point de vue logistique, l’accrochage Flux – un bilan critique de 15 années de pratique de l’artiste [le mid-career Survey] coproduit avec le Musée moderne de Paris – a pris des ampleurs jamais vues au musée.

Pour amener Flux à Montréal il a fallu 150 caisses de transports, une exposition de grande envergure en exige habituellement 75 caisses. À titre d’exemple, l’œuvre maîtresse Flux & the Puddle, qui donne le titre à l’exposition d’Altmejd, a nécessité 120 caisses. Notre équipe a dû travailler six jours d’affilée uniquement pour réassembler cette œuvre. [JB]

ad2014-001the-flux-and-the-puddled2_james_ewing_0De plus, le phénomène médiatique d’Altmejd ne semble pas avoir transcendé uniquement les publics de l’art contemporain. L’achalandage est aussi au rendez-vous. Le record de visiteurs pour une exposition au musée risque de tomber. Lors du dernier décompte, 50,000 visiteurs avaient été enregistrés et l’exposition n’en était qu’à sa moitié.
altmejd_studio_views_2014_17_lbLes médias n’ont pas cessé de relater le parcours exceptionnel de l’artiste. Selon Bélisle, Altmejd est l’un des rares artistes canadiens à atteindre un tel niveau de reconnaissance sur la scène internationale; «on peut les compter sur les doigts de la main». Selon la responsable des collections, Almejdt pourrait être l’un des monuments de l’art contemporain comme le «stellaire» Jean-Paul Riopelle le fut dans une autre vie.

David Altmejd, Flux, commissaire : Josée Bélisle, 20 juin au 19 septembre 2015, Musée d’art contemporain de Montréal, 185 rue Sainte-Catherine Ouest, macm.org.
Photo 1 : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’Arts, 2015.
Photo 2 : David Altmejd, The Flux and The Puddle (détail), 2014. Photo : James Ewing, Avec l’aimable permission d’Andrea Rosen Gallery, New York.
Photo 3 : David Altmejd Studio, New York, 2014, Photo : Lance Brewer.

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33e Symposium d’art contemporain de Baie-Saint-Paul «Murmures du quotidien» – Entretien avec la commissaire Marie Perrault

Au moment d’écrire ce billet débute le 33e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. Cet événement accueille une douzaine d’artistes qui sont invités à travailler devant public. Lors de mon passage à l’aréna de Baie-Saint-Paul où se tient la manifestation, les projets des artistes se sont avérés assez peu avancés. Je me suis donc entretenu avec Marie Perrault la nouvelle commissaire du symposium qui amorce son cycle de trois éditions.Symposium_B-S-P_2015_02

D’emblée, Perrault s’intéresse aux phénomènes sociaux qui ont été fortement influencés par l’émergence des nouvelles technologies. Cependant, ce n’est pas un symposium qui est axé sur les arts numériques, souligne la commissaire. «Les préoccupations technologiques sont périphériques et alimentent le contenu des œuvres plutôt que leur forme», ajoute-t-elle.

Le symposium de cette année porte le titre «Murmures du quotidien». On souhaite se pencher la complexité de certains aspects de la vie de tous les jours. À cet effet, Perrault a réuni des artistes dont le travail aborde la banalité, le familier et l’espace domestique.Perrault ajoute

Le geste répétitif que l’on expérimente une certaine forme d’intimité est mis de l’avant. De plus, on souhaite mettre l’emphase sur les grands courants politiques, économiques et sociaux qui modifient nos occupations journalières. Enfin, Patrice Loubier [professeur au département d’histoire de l’art à l’UQAM NDLR] donnera une conférence sur les artistes qui exploitent leur vie de tous les jours dans leur pratique artistique; une tendance assez importante en art actuel.

Symposium_B-S-P_2015_03Somme toute, le symposium comme événement se veut un lieu de prédilection pour aborder cette thématique du quotidien. Les visiteurs y sont invités à découvrir et à partager la vie de tous les jours de la pratique d’artistes. Pour le public néophyte et pour les touristes de passage, l’activité se veut un bel exemple de démocratisation des arts visuels. Pour le public spécialisé, la manifestation demeure sympathique et conviviale.

 

«Murmures du quotidien», 33e édition du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, présenté par le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul; 11 rue Forget (Aréna), symposiumbsp.com.

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Jon Rafman @ MACM | entretien avec Mark Lanctôt

Le passage de David Almejd au Musée d’art contemporain de Montréal [MACM] a retenu beaucoup l’attention des grands médias. Toutefois, on parle beaucoup moins de son voisin d’exposition Jon Rafman qui jouit pourtant d’une belle visibilité sur la scène internationale. L’artiste, originaire de Montréal et qui a étudié à Chicago, s’est fait découvrir par le public montréalais avec son corpus de travail Googles Street Views [9 Eyes] exposé à la dernière édition du Mois de la Photo. Je me suis entretenu avec Mark Lanctôt le commissaire de son exposition au MACM.tumblr_m2y637lHOP1qzun8oo1_1280D’emblée, le travail de Rafman a souvent été associé à l’art dit «postInternet». Cette tendance de l’art actuel regroupe le travail de plusieurs artistes qui utilisent le web comme matière première. Toutefois, comme le souligne Lanctôt, cette étiquette demeure particulièrement rébarbative et éculée. Le terme «postInternet» est devenu un qualificatif à la mode; un fourretout conceptuel.stilllifebetamale-sÀ cela le commissaire ajoute.

Une pratique comme celle de Rafman n’aurait pas pu exister dans une ère préInternet. La culture propre au web et aux jeux vidéo a servi à Rafman comme «ready-made» pour créer ses œuvres. L’artiste va chercher le meilleur et le pire de la culture que l’on peut retrouver sur la toile.

Certaines œuvres de Rafman interrogent la pérennité de cette culture web. À cet effet, plusieurs se demandent si ce travail vieillira bien dans le temps. Lanctôt soutient que l’artiste représente une esthétique dominante de son époque. Le côté fugace ou désuet, de Second Life par exemple, met de l’avant certains aspects de notre société que nous prenons pour acquis. Peut-être que les générations futures s’intéresseront à ces formes de sous culture.yasiaofwaterfallEnfin, il y a un certain relent du romantisme dans l’exposition de Rafman. Que ce soit par la présence des thèmes de la nostalgie et de l’exotisme; les images de cataclysmes ou de décadence. De plus, la figure du flâneur – tel que décrit par Charles Baudelaire [1821-1867] – que l’on retrouve dans le corpus de travail Kool Aid Man interpelle des idéaux romantiques.

kool-aid-man-in-second-life-2010Somme toute, l’exposition peut sembler tendancieuse. Toutefois, on y saluera les risques qu’elle prend en y abordant des thèmes et des images qui cherchent à déranger. Personnellement, j’y retiens la grande créativité de l’artiste à déployer des dispositifs de présentation vidéo les plus imaginatifs les uns que les autres. Enfin, le catalogue dont la conception graphique a été confiée à FEED s’avère un ouvrage singulier et rafraichissant comparativement aux publications plus sobres dont nous a habitué le musée.

Jon Rafman, commissaire : Mark Lanctôt, 20 juin au 13 septembre 2015, Musée d’art contemrain de Montréal, 185 rue Sainte-Catherine Ouest, macm.org.
Photo 1 : Jon Rafman, «3081 Valmont Road, Boulder, Colorado, USA, 2012, série des «Google Street (9 Eyes Views)».
Photo 2 : Jon Rafman, «You Are Standing in an Open Field (Waterfall)», 2015.
Photo 3 : Jon Rafman, «Still Life (Betamale)», 2013.
Photo 4: Jon Rafman, «Kool Aid Man in Second Life», 2008-2011.

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Biennale di Venzia comme si vous y étiez! – partie 3 : Simon Bilodeau et Guillaume Lachapelle «Personal Structures- Time-Space-Existence» @ Palazo Bembo

La dernière exposition que j’ai visitée lors de mon voyage en Italie est «Personal Structures- Time-Space-Existence» au Palazo Bembo. Organisée par la fondation néerlandaise Global Art Affairs, il s’agît de l’une des expositions parallèles qui investissent l’un des nombreux palais de Venise. Je m’y suis rendu pour y voir le travail de deux artistes québécois : Simon Bilodeau et Guillaume Lachapelle représentés par la galerie Art Mûr à Montréal.Palazo Bembo 05Toutes les expositions ne s’équivalent pas à la Biennale de Venise. Les expositions thématiques de l’Arsenale et le Giardini; ainsi que les pavillons nationaux dans ces deux lieux regroupent la majorité des artistes d’envergures. Les autres pavillons, disséminés à travers le territoire vénitien, sont souvent plus humbles. Enfin, à cela s’ajoute les «Collateral évents» [événements collatéraux]. Ces derniers varient énormément en qualité d’une exposition à l’autre. À ce titre. «Personal Structures – Time-Space-Existence» de Global Art Affairs n’est pas dans la programmation officielle de la biennale. L’exposition veut profiter du grand nombre d’amateurs d’art contemporain qui se rendent à Venise pour la Biennale.Palazo Bembo 02Le parcours du Palazo Bembo se résume à une série d’appartements convertis en salle d’exposition où on y présente un ou deux artistes par salle. Plusieurs travaux n’ont pas de cartel ni de texte explicatif. L’accrochage se veut plus prétexte pour montrer des œuvres qu’un réel désir de mettre sur pied une exposition. Dans ce contexte, le travail des artistes présents s’avère réduit qu’à de la simple décoration.Palazo Bembo 03Sommes toute, nos médias ont fait de la présence des six artistes québécois à la Biennale de Venise tout un manège médiatique. Malheureusement, une fois sur les lieux, leurs passages n’auront peut-être pas fait les éclats que promettait la presse. Il faut toutefois voir de façon positive tous ces Québécois à Venise. Cependant, pour briller sur la scène internationale il faudra que les artistes y fassent plus que faire couler de l’encre.

 

 «Personal Structures- Time-Space-Existence», 9 mai au 22 novembre 2015, Palazo Bembo et Palazo Mora, personalstructures.org.

Photos : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’arts.

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Biennale di Venzia comme si vous y étiez! – partie 2 : Jean-Pierre Aubé @ Radio Arte Nobile (Rome)

Une des «têtes d’affiche» québécoises à prendre part aux événements de la 56e Biennale de Venise est Jean-Pierre Aubé. Présenté par la Galerie de l’UQAM, Aubé y a réalisé une série d’interventions pendant les journées professionnelles de la biennale; comme l’avait fait Raphaël de Groot en 2013. Si je n’ai pu assister à ce volet performatif, j’ai toutefois visité le volet exposition à Radio Arte Mobile [RAM] dont les bureaux et espaces d’expositions sont situés à Rome.JP_Aube @ RAM 03RAM se veut principalement une radio internet qui diffuse de l’art sonore. On peut aussi y entendre des artistes, critiques d’art et commissaires invités dans le cadre de rencontres, conférences et tables rondes. De plus, on y organise des expositions et lors de mon passage «Electrosmog Venezia» d’Aubé était présenté pour souligner son intervention dans le cadre de la Biennale de Venise.J-P Aubé 03Sans aller trop dans les détails du projet [1], «Electrosmog» est un corpus de travail, amorcé par l’artiste il y a de ça presque 10 ans, sur le parc des fréquences radio. Aubé s’y intéresse comme moyen de documentation du paysage et de la «pollution» hertzienne d’un lieu; d’où le titre du projet. Lors de son passage en Italie, l’artiste a pu, entre autres, s’attarder à la Cité du Vatican, en plein cœur de la Rome, qui possède le plus gros émetteur radio du monde.JP_Aube @ RAM 02L’accrochage à RAM semble destiné aux initiés; le lieu est difficilement accessible et la médiation y est discrète. Quelques vidéos et photos montages se démarquent. À cela s’ajoutent des pièces sonores que l’on peut écouter aux casques. Dans l’ensemble, les superbes locaux de RAM peuvent voler la vedette aux œuvres d’Aubé.JP_Aube @ RAM 01Sans vouloir adresser de reproche, la pratique d’Aubé aurait gagné à y être mieux vulgarisée. Pour le néophyte, je souhaite que l’accrochage de l’artiste au centre Expression offre une meilleure médiation. Le travail singulier et pertinent d’Aubé ne peut que s’améliorer.J-P Aubé 04

 Jean-Pierre Aubé, «Electrosmog Venezia», commissaire : Louise Déry, 14 mai jusqu’au 27 juin 2015, RAMradioartemobile, Via Conte Verde 15 – Rome, radioartemobile.it.
Photo 1,3 &4 : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’Arts.
Photo 2 & 5 : Jean-Pierre Aubé, Electrosmog Venezia, 2015, image tirée de la vidéo.
[1] J’ai fait une entrevue en détail sur le projet le 19 février dernier http://www.unshowdemotarts.net/?p=7155.

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Biennale di Venzia comme si vous y étiez! – partie 1 : BGL @Pavillon du Canada (Giardini)

La 56e Biennale de Venise a retenu beaucoup d’attention dans la presse généraliste et spécialisée au Québec; cela avant même son ouverture. Et pour cause, il s’agit d’une «présence québécoise record»(1) à cette manifestation au dire du journaliste de La Presse Éric Clément; six artistes de la belle province ont pris part à cette manifestation artistique qui demeure la plus ancienne et plus prestigieuse biennale de la planète. Durant les jours de vernissage, photos et commentaires – plutôt positif dans l’ensemble – pullulaient sur les fils de nouvelles des réseaux sociaux. Dans le cadre de ce blogue, je me limiterai à mes premières impressions de mon passage à Venise. Pour mon premier billet sur l’événement, j’amorce avec «Canadassimo» l’exposition de BGL – trio composé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière – dans le Pavillon du Canada situé dans le Giardini.BGL_Canadassimo_01

Un compte rendu assez juste et éloquent de l’exposition a déjà été rédigé par Sylvette Babin, directrice d’Esse : art + opinion, sur la section en ligne de la revue. D’emblée, le malaimé Pavillon du Canada est méconnaissable; il a été «totalement camouflé par une structure praticable composée d’échafaudages et de murs en rideaux de bambou se balançant au gré du vent» (2) comme le souligne Babin. À l’intérieur, on y retrouve trois espaces que le trio nomme respectivement : le dépanneur, le loft et l’atelier. La visite se termine avec la rallonge du pavillon qui est visible de l’extérieur. Y est installé un système bricolé – qui ressemble au «Plinko» du célèbre jeu téléviser The Price is Right – où le public est invité à insérer ses pièces de monnaie pour les voir dégringoler dans les parois vitrer de l’espace loft du pavillon.BGL_Canadassimo_02Les habitués retrouveront l’aspect ludique auquel BGL nous a habitué. Avec sa réappropriation de la culture pop, sa touche d’humour absurde et son ton moqueur. Le trio continue à séduire; tous ressortent de «Canadassimo» avec le sourire. L’installation, aux allures «bric-à-brac», se veut une production investie, impressionnante dans son déploiement et assumée dans sa facture. Certains lui ont prêté une critique du système marchand dans l’art contemporain et de manière plus générale sur la société de consommation. L’œuvre aurait peut-être mieux été reçue au Festival Juste Pour Rire qu’à la biennale.BGL_Canadassimo_04En définitive, je ne sais comment me prononcer sur ce récent travail de BGL. J’ai toujours été un partisan de la pratique du trio et à cet effet j’ai «milité» pour leur nomination comme représentant du Canada (3). Néanmoins, il semblerait que les trois éléments de «Canadassimo» – le dépanneur, le loft et l’atelier – manquent de cohésion. Comme si l’exposition se résumait à la réunion de trois projets que chacun des membres du triplet aurait amenés à la table sans aucun choix ne soit fait. Aucune des propositions semble se démarquer ni s’harmoniser suffisamment. Somme toute, un beau moment dans le Biennale, mais peut-être pas suffisant pour un lauréat.BGL_Canadassimo_03

 

BGL, «Canadassimo», commissaire : Marie Fraser, présenter par le Musée des beaux-arts du Canada, au Pavillon du Canada, dans le cadre de la 56e Biennale de Venise, 9 mai au 22 novembre 2015, labiennale.org.
Photo : Eloi Desjardins; Un Show de Mot’Arts. 
(1) http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/201502/04/01-4841151-biennale-de-venise-presence-quebecoise-record.php.
(2) http://esse.ca/fr/bgl-canadassimo-56e-biennale-de-venise.
(3) Comme le certifie un billet publié en 2010 http://www.unshowdemotarts.net/?p=1601.
NB La commissaire de l’exposition Marie Fraser est ma directrice de doctorat; le Musée des beaux-arts du Canada qui présente l’exposition m’a permis d’obtenir mon accréditation de presse pour la Biennale.

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Polyphonies @ Optica

Il y a déjà quelques mois, j’étais invité à prendre part à une conférence de presse dans un centre d’artistes; un événement rare en soit. «Une grande première pour le milieu des arts visuels» au dire de Marie-Josée Lafortune la directrice d’Optica. Celle-ci présentait «Polyphonies» exposition issue d’un concours sur invitation pour commissaire émergeant. C’est la proposition de Véronique Leblanc qui à été retenue pour 2015.Polyphonies 05Ce projet se veut baser sur la parole, le discours et les relations de pouvoir dans le langage oral. À cet effet, la commissaire a souhaité mettre en scène et mélanger une pluralité de voix. «Il y a une recherche de singularité dans le discours orale qui nous informe sur l’individu, mais aussi sur sa société, sa pensée et son idéologie» selon Leblanc.Polyphonies 03La commissaire ajoute.

Il y a deux attitudes dans les œuvres que j’ai sélectionnées pour l’exposition. Certains artistes travaillent de façon «documentaire»; ils font appel à l’enquête, au sondage et à l’entrevue pour aller chercher la parole chez certains individus. D’autres artistes font appel à la parole de façon fictionnelle; les récits et les scripts interrogent la représentation des images par l’oral. [VL]

Polyphonies 04Si l’exposition comprend plusieurs pièces vidéos – qui demande un certain temps pour les expérimenter – c’est le travail de Sophie Castonguay qui a retenu mon attention. Son œuvre La part du lion convie le visiteur à un «discours polysémique devant un ensemble de tableaux créés par ses pairs» au dire de Castonguay. Sans gâcher l’effet de surprise, on peut s’attendre à un audio guide des plus particulières.Polyphonies 02

 «Polyphonies», Dave Ball & Olivier Walker, Kaya Behkalam & Azin Feizadabi, Sophie Csatonguay, Emmanuelle Léonard, Anne-Marie Ouellet, Katarina Zdjelar; Commissaire: Véronique Leblanc; du 18 avril au 13 juin 2015; Optica : un centre d’art contemporain, 5445 de Gaspé, #106, optica.ca.
Image 1: Photo : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’arts.
Image 2 : © Anne-Marie Ouellet, «Penser le futur», (2013-2015), avec l’aimable permission de l’artiste, photo : Paul Litherland.
Image 3 : © Emmanuelle Léonard, «La taverne», (2015), avec l’aimable permission de l’artiste, photo : Paul Litherland.
Image 4 : © Sophie Castonguay, «La part du lion», (2015), avec l’aimable permission de l’artiste, photo : Paul Litherland.

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Elektra E16 : un entretien avec Alain Thibault

L’an dernier, la 15e édition d’Elektra : festival d’art numérique semblait bien discrète. Avec la tenue de la Biennale internationale d’art numérique [BIAN] au Musée d’art contemporain de Montréal [MAC], l’inclusion dans les festivités combinées avec le 15e anniversaire du festival de musique électronique Mutek – l’événement EM15 – et le «Printemps numérique». Il m’est apparu difficile de discerner d’où les événements provenaient. Nonobstant, Elektra est de retour à l’Usine C et ses organisateurs ont ajouté une nouvelle flèche à leur arc : la Biennale internationale d’art sonore [BIAS]. Pour mettre de l’ordre dans toutes ces manifestations en nouveaux médias et ses acronymes, je me suis entretenu avec le directeur artistique d’Elektra, de la BIAN et de la BIAS; Alain Thibault.Alain Thibault_Elektramontreal

La BIAN, depuis 2012, a été mise sur pied pour bonifier le volet installation du festival Elektra. Pour alterner avec les années impaires, on souhaitait avoir un autre événement biennal qui portait principalement sur l’élément sonore. C’est dans cet esprit que la BIAS a été inaugurée cette année. De manière beaucoup plus modeste, on veut suivre l’exemple de la Biennale de Venise; les organisateurs dirigent une année l’exposition en art visuel et l’autre celle en architecture. [AT]

Pour le festival Elektra, la programmation de soirée de performance dite «A/V» revient sous sa formule habituelle. On présente le jeudi des artistes de la scène locale, le vendredi ceux de la scène internationale et samedi, une étiquette de disque est invité pour y présenté ses artistes. Cette portion «spectacle» est accompagnée de performances, de lancement, de tables rondes ainsi que du Marché international de l’art numérique [MIAN]. Le volet exposition du festival comprend aussi la présentation de pièces au MAC, à la Société des arts technologiques [SAT] et à la Cinémathèque québécoise.

Autre nouveauté, les organisateurs d’Elektra ont ouvert cette année une galerie dans un local vacant du Complexe de Gaspé. Y sera présenté des installations sonores dont la pièce de Nicolas Bernier [16 au 30 mai] et celle du duo The USER [6 au 26 juin]. «C’est un projet auquel on pense depuis plusieurs années» précise Thibault. «Avoir notre espace va nous permettre de présenter de l’art sonore et de l’art numérique à l’année. Une façon de décloisonner ces pratiques du contexte de festival et du mois de mai à Montréal».

Elektra 16, Biennale internationale d’art sonore [BIAS], du 13 au 7 mai 2015, Usine C, 1345 Lalonde, elektrafestival.ca.

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