Guillaume Adjutor Provost «Un futur incertain» @ Galerie Les territoires [en montage]

Guillaume Adjutor Provost, artiste que j’ai connu surtout pour sa pratique en performance, s’apprête à ouvrir sa première exposition solo à Montréal. Celui-ci a été invité dans le cadre du programme de mentorat MAPPE de la galerie Les Territoires pour y présenter un projet d’exposition au côté de l’artiste établi Vincent Lafrance.Guillaume Adjutor-Provost_Futur incertains_Les territoires_09Pour son projet, Provost s’est attardé à la revue québécoise Mainmise. Cette publication parut entre 1970 et 1978 s’avère issue de la contre-culture des hippies.

Ce périodique, nationaliste et très empeigné de la crise sociale de ces années, traite de la vie dans les communes, de la drogue, mais aussi de sujets très variées. On y retrouve des guides pratiques : comment faire son propre yogourt, comment tresser ses sandales, comment transformer une Volk! [Ndlr Volkwagen] L’esthétique psychédélique se veut aussi très parlant de l’époque.

Guillaume Adjutor-Provost_Futur incertains_Les territoires_04En prenant contact avec Anne-Marie Guérineau, une ancienne photographe de Mainmise, Provost a mis la main sur des clichés qui documentent les réunions de l’équipe de rédaction.

Ces images proviennent des dernières réunions documentées, entre octobre 1977 et mars 1978. Ces photographies, qui pour la plupart n’ont jamais été publiées, sont regroupées selon une volonté de montrer des moments d’introspection ou de réflexion. [Provost]

Guillaume Adjutor-Provost_Futur incertains_Les territoires_05L’artiste s’intéresse à l’exposition comme médium et de façon plus large aux pratiques commissariales. Pour y arriver, Provost aime travailler avec des fonds d’archives, des collections, des commandes d’œuvres ainsi qu’avec des œuvres déjà existantes pour en refaire de nouvelles propositions.

Ce qui m’intéresse c’est la zone floue entre la création et le commissariat. C’est difficile de les séparer, car l’un travaille souvent avec l’autre dans une certaine complicité. Le «commissariat créatif» est assez bien documenté par les théoriciens de l’art; la tradition de l’écriture fait partie des tâches habituellement associées à ce champ d’activité. Ce n’est toutefois moins le cas chez les artistes commissaires.

Guillaume Adjutor-Provost_Futur incertains_Les territoires_06Dans le cadre de l’exposition à Les Territoires, la revue Mainmise était le point de départ. L’organisation de l’espace s’orchestre autour d’une plateforme utilitaire : à la fois une table, un endroit pour s’asseoir et un meuble ultra-minimal. Cet élément servira à exposer deux exemplaires de la revue, quelques objets et une série de photo tirée des archives du fonds documentaire. On y trouvera aussi quelques bouteilles de bière de Labat 50 vintage. «Je ne veux pas trop dicter la lecture des objets et images que je dispose dans le lieu d’exposition.» Somme toute, à l’image de la pratique de Provost en performance, ses expositions demeurent assez ambiguës et énigmatiques.Guillaume Adjutor-Provost_Futur incertains_Les territoires_08

 Guillaume Adjutor Provost, «Un futur incertain», 29 août au 27 septembre 2014, vernissage le 30 août à 18h00, Les territoires, 372 rue Sainte-Catherine O, suite : 527, lesterritoires.org, guillaumeadjutorprovost.com.