Biennale di Venzia comme si vous y étiez! – partie 1 : BGL @Pavillon du Canada (Giardini)

La 56e Biennale de Venise a retenu beaucoup d’attention dans la presse généraliste et spécialisée au Québec; cela avant même son ouverture. Et pour cause, il s’agit d’une «présence québécoise record»(1) à cette manifestation au dire du journaliste de La Presse Éric Clément; six artistes de la belle province ont pris part à cette manifestation artistique qui demeure la plus ancienne et plus prestigieuse biennale de la planète. Durant les jours de vernissage, photos et commentaires – plutôt positif dans l’ensemble – pullulaient sur les fils de nouvelles des réseaux sociaux. Dans le cadre de ce blogue, je me limiterai à mes premières impressions de mon passage à Venise. Pour mon premier billet sur l’événement, j’amorce avec «Canadassimo» l’exposition de BGL – trio composé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière – dans le Pavillon du Canada situé dans le Giardini.BGL_Canadassimo_01

Un compte rendu assez juste et éloquent de l’exposition a déjà été rédigé par Sylvette Babin, directrice d’Esse : art + opinion, sur la section en ligne de la revue. D’emblée, le malaimé Pavillon du Canada est méconnaissable; il a été «totalement camouflé par une structure praticable composée d’échafaudages et de murs en rideaux de bambou se balançant au gré du vent» (2) comme le souligne Babin. À l’intérieur, on y retrouve trois espaces que le trio nomme respectivement : le dépanneur, le loft et l’atelier. La visite se termine avec la rallonge du pavillon qui est visible de l’extérieur. Y est installé un système bricolé – qui ressemble au «Plinko» du célèbre jeu téléviser The Price is Right – où le public est invité à insérer ses pièces de monnaie pour les voir dégringoler dans les parois vitrer de l’espace loft du pavillon.BGL_Canadassimo_02Les habitués retrouveront l’aspect ludique auquel BGL nous a habitué. Avec sa réappropriation de la culture pop, sa touche d’humour absurde et son ton moqueur. Le trio continue à séduire; tous ressortent de «Canadassimo» avec le sourire. L’installation, aux allures «bric-à-brac», se veut une production investie, impressionnante dans son déploiement et assumée dans sa facture. Certains lui ont prêté une critique du système marchand dans l’art contemporain et de manière plus générale sur la société de consommation. L’œuvre aurait peut-être mieux été reçue au Festival Juste Pour Rire qu’à la biennale.BGL_Canadassimo_04En définitive, je ne sais comment me prononcer sur ce récent travail de BGL. J’ai toujours été un partisan de la pratique du trio et à cet effet j’ai «milité» pour leur nomination comme représentant du Canada (3). Néanmoins, il semblerait que les trois éléments de «Canadassimo» – le dépanneur, le loft et l’atelier – manquent de cohésion. Comme si l’exposition se résumait à la réunion de trois projets que chacun des membres du triplet aurait amenés à la table sans aucun choix ne soit fait. Aucune des propositions semble se démarquer ni s’harmoniser suffisamment. Somme toute, un beau moment dans le Biennale, mais peut-être pas suffisant pour un lauréat.BGL_Canadassimo_03

 

BGL, «Canadassimo», commissaire : Marie Fraser, présenter par le Musée des beaux-arts du Canada, au Pavillon du Canada, dans le cadre de la 56e Biennale de Venise, 9 mai au 22 novembre 2015, labiennale.org.
Photo : Eloi Desjardins; Un Show de Mot’Arts. 
(1) http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/201502/04/01-4841151-biennale-de-venise-presence-quebecoise-record.php.
(2) http://esse.ca/fr/bgl-canadassimo-56e-biennale-de-venise.
(3) Comme le certifie un billet publié en 2010 http://www.unshowdemotarts.net/?p=1601.
NB La commissaire de l’exposition Marie Fraser est ma directrice de doctorat; le Musée des beaux-arts du Canada qui présente l’exposition m’a permis d’obtenir mon accréditation de presse pour la Biennale.