La dernière émission d’Un Show de Mot’arts à la radio : déjà 1 an!

Juste un court billet pour souligner l’anniversaire de la dernière émission d’Un Show de Mot’Arts à la radio. Pour ceux qui ont manqué cet épisode de ma carrière, le 29 avril 2014 concluait 10 ans de rendez-vous hebdomadaires diffusés, successivement, sur les ondes de Choq, CIBL et CISM. Avec presque 1000 épisodes, les propos d’innombrables artistes, commissaires et personnalités de la scène artistique montréalaise et internationale y ont été entendus.IMG_8853Depuis la fin de ces activités à la radio, le projet multiplateforme n’a pas cessé de commenter l’actualité de la scène artistique montréalaise. En 1 an, plus d’une cinquantaine de billets ont été publiés sur le webzine unshowdemotarts.net. À cela s’ajoute une dizaine de capsules vidéo dont plusieurs diffusées sur La fabrique culturelle; la plateforme web de Télé-Québec. Enfin, Direction ART MTL, une carte des lieux de diffusion en art contemporain de Montréal, se retrouve dans toutes les meilleures galeries privées et centres d’artistes en ville.Un Show de MotArts_PMFSomme toute, la conclusion d’Un Show de Mot’Arts à la radio signale la fin d’une époque. Son engagement envers la communauté artistique demeure toujours présent. Les activités énoncées ci-haut se poursuivent; d’autres s’annonceront sous peu.Un Show de MotArts_02

 Photo 1 : Mike Patten. Photo 2 : Un Show de Mot’Arts. Photo 3 : Christian Bujold.

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PAPIER 15 comme si vous y étiez

Au moment d’écrire ce billet, la foire Papier 15 : foire d’art contemporain d’œuvres sur papier inaugure sa 8e édition. Ce rendez-vous printanier, organisé par l’Association des galeries d’art contemporain [AGAC], réunit une quarantaine de galeries d’un peu partout au Canada. Cependant, la manifestation marchande, qui était reconnue pour sa présentation sous chapiteau, se voit quitter le Quartier des spectacles pour le Complexe de Gaspé, dans le Mile-End. Cette décision a soulevé plusieurs interrogations. Afin de les adresser, je me suis entretenu avec la présidente de l’AGAC, Émilie Grandmont Bérubé [directrice de la Galerie Trois Points NDLR].

Comme le souligne la présidente, la foire Papier a toujours été nomade. Elle s’est promenée du Westmount Square à la salle de réception des Blacks Watch (Royal Highland Regiment) du Canada. Toutefois, l’esplanade Clark – le seul îlot vacant assez grand pour accueillir le chapiteau de la foire dans le Quartier des spectacles – ne pouvait pas garantir son accessibilité pour les dates de la foire de 2015. Ce déménagement forcé, dû à des considérations techniques et logistiques, a obligé les organisateurs de la foire à relocaliser l’événement dans les étages supérieurs du Complexe de Gaspé dans le Mile-End.Papier 15_02

Cette destination n’est pas sans intérêt. L’édifice héberge six centres d’artistes, une centaine d’ateliers, ainsi que les bureaux des revues d’art Ciel variable et Espace. La présidente de l’AGAC précise.

Il s’agit d’une opportunité de faire connaître au millier de visiteurs de la foire Papier un lieu de création unique au pays. Le quartier Mile-End est un lieu d’effervescence pour les arts visuels à Montréal. On y retrouve la plus grande concentration d’artistes au Canada.

Néanmoins, le passage sur de Gaspé se veut singulier. Dès l’an prochain, l’AGAC souhaite retrouver sa formule sous chapiteau au centre-ville. Des travaux sont prévus à cet effet pour accueillir la Foire de manière récurrente.Papier 15_04

Lors de mon entretien, je n’ai pu taire l’avènement de la foire Art contemporain pour tous [ACPT]. Cette nouvelle manifestation marchande se tient aux mêmes dates que la foire Papier. On y retrouve certains membres de l’AGAC n’exposant pas au Complexe de Gaspé. À cet effet, la présidente ajoute. «Les foires satellites existent dans toutes les grandes villes.» À titre d’exemple, Feature Contemporary Art Fair, que l’AGAC a créée en 2014 pour la ville de Toronto, se veut une foire complémentaire à Art Toronto, manifestation marchande la plus importante au pays.

 N’importe quelle intervention pour donner de la visibilité et de la crédibilité aux artistes est la bienvenue. Le milieu de l’art a besoin de l’énergie et de la bonne volonté de tous ses intervenants. Il faut toutefois garder un discours positif et rassembleur; le marché demeure petit et fragile. [EGB]

 Papier 15_03À titre de conclusion, Grandmont Bérubé a souhaité réitérer son invitation autant au néophyte qu’au collectionneur averti pour Papier15. «L’accessibilité y est toujours au cœur de la foire; l’entrée, les activités et le catalogue y sont gratuits. Une occasion pour tous de découvrir le meilleur des artistes et des galeries d’ici et du reste du pays

 Papier 15 : foire d’art contemporain d’œuvres sur papier, organisé par l’Association des galerie d’art contemporain, 24 au 26 avril 2015, Complexe de Gaspé, 5445 de Gaspé, papiermontreal.com. Photo : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’Arts.

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Dominique Sirois «Alarm songs : Leisure machine» @ Occurrence

Au moment d’écrire ce billet, la nouvelle exposition de Dominique Sirois «Alarm songs : Leisure machine» est sur le point d’ouvrir ses portes à Occurrence. J’ai rencontré l’artiste, lors du montage, elle m’a fait remarquer que l’actuel accrochage a été réfléchi dans la même lignée que son exposition de maîtrise «Factory Cubique» à Skol en 2009. Les deux expositions abordent l’appareillage des systèmes d’alarme et de sécurité. À cet effet, le nouveau corpus de travail qu’elle présente à Occurrence s’attarde aux sons des sirènes et autres alarmes de ces dispositifs.Dominique Sirois@Occurrence 01Sirois s’explique.

Cette matière sonore se retrouve dans plusieurs styles musicaux depuis le début du XXe siècle. Entre autres, dans la musique concrète et la musique «bruitiste» du début du siècle. Intégrer des sons de sirène dans une pièce musicale concorde avec le début de la modernité et d’une certaine approche «futuriste». Dans un autre registre, la musique électronique et le hip-hop ont aussi souvent employé le bruit de la sirène des véhicules policiers ainsi que d’autres sonorités des systèmes d’alarme, mais à des fins très différentes.

Dominique Sirois@Occurrence 04Dans cet esprit, l’artiste a fait un repérage et une sélection de pièces musicales où l’on retrouve des sons d’alarmes et des sirènes pour composer une promenade; une sorte de trame sonore qui accompagne l’exposition comme les audio guides que l’on retrouve dans les musées. Cette recherche a aussi orienté quatre tournages qui ont été réalisés entre autres lors d’une résidence à Glasgow en Écosse, dont on peut voir les vidéos dans l’exposition. «La sirène se veut une forme de glorification de l’ère industrielle qui a eu une grande influence au Royaume-Uni» précise l’artiste. Les vidéos sont accompagnés de sculptures : trois reproductions de modèles de sirène inspirée des alarmes employée pour avertir des cataclysmes météorologiques, une bote militaire et une espadrille de sport.Dominique Sirois@Occurrence 03Les alarmes peuvent être à la fois associées à une situation dangereuse, mais aussi, comme dans la musique électronique, à un événement festif selon Sirois. «Les sensations de plaisir et de déplaisir ne sont jamais loin dans l’univers sonore de la sirène», précise-t-elle. À cela, elle ajoute. «Ma pensée artistique se développe de manière polysémique; des éléments hétéroclites y sont mis en relations dans une forme de cartographie». À titre d’exemple, dans l’exposition, à Occurrence, la sirène d’alarme parle de l’ère industrielle, pour ensuite traiter de la culture des loisirs en passant par la musique électronique et la culture hip-hop.

Dominique Sirois@Occurrence 02

Sirois «Alarm songs : Leisure machine», 13 mars au 25 avril 2015, Occurrence, 5445 De Gaspé, espace 108, occurrence.ca; dominiquesirois.net.
Photo 1,2,3 & 4 : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’arts.

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Entretien avec Marc Mayer, directeur général du Musée des beaux-arts du Canada

Au moment d’écrire ce billet, il ne reste plus que quelques jours pour admirer «Surgir de l’ombre. La biennale canadienne 2014» au Musée des beaux-arts du Canada [MBAC] à Ottawa. L’événement nous fait voir les acquisitions de la Galerie Nationale des deux dernières années dans le domaine de l’art actuel canadien, l’art autochtone et de la photographie. Cet accrochage se veut présenté pour la première fois dans les salles d’art contemporain et non celles réservées aux expositions temporaires. Plus humble que son homologue de la BNL MTL 2014 du Musée d’art contemporain [MAC], la manifestation de la capitale nationale n’a rien à envier à celle de la métropole québécoise.Marc-Mayer MbaC 01Je me suis entretenu avec Marc Mayer, directeur générale du MBAC et ancien directeur du MAC. Ce dernier se rend à Montréal tous les ans pour y promouvoir les principales expositions du printemps, de l’été et de l’automne 2015 du musée d’Ottawa. Lors de notre entretien, Mayer m’a informé que les œuvres de Geoffery Farmer et de Shary Boyle –respectivement présentées à la Biennale de Venise ainsi qu’à la dOCUMENTA 13 de Kassel – sont particulièrement populaires auprès du public. À cet effet, l’œuvre de Farmer, Leaves of Grass (2012), a nécessité quatre mois pour son installation. Elle sera présentée jusqu’en septembre 2015. «La version du musée est plus grande que celle présentée en Allemagne; l’artiste à ajouter un étage à son installation lorsqu’il a vu la taille de la pièce où elle serait présentée» précise Mayer.

NGC_.45632D_mod-2_LoResAutre exposition à souligner, la rétrospective du peintre canadien Alex Colville [1920-2013]. À cet effet Mayer ajoute.

Il s’agit de l’exposition phare cet été au musée. Celle-ci a eu un grand succès à l’automne dernier au Musée des beaux-arts de l’Ontario [Art Gallery of Ontario (AGO)]. 166 000 visiteurs se sont déplacés à Toronto ce qui en fait l’exposition canadienne la plus achalandée de l’AGO. Ce sera une belle occasion pour les gens de la région de la capitale nationale ainsi que la région de Montréal d’apprécier les œuvres de ce grand artiste canadien.

NGC_.14954_LoResSomme toute, un passage à la capitale des tulipes demeure un incontournable. Les conservateurs du musée, ainsi que toute l’équipe, se veulent d’excellent ambassadeur pour témoigner des praticiens de notre pays.

Boyle_The_Cave_Painter_(with_projection)_LowRes«Surgir de l’ombre. La biennale canadienne 2014, jusqu’au 8 mars 2015. Geoffrey Farmer, «Leaves of Grass», jusqu’au 15 septembre 2015. olville – Du 23 avril au 7 septembre 2015, Musée des beaux-arts du Canada, (Ottawa), beaux-arts.ca
Image 1 : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’arts.
Image 2 : Geoffrey Farmer, «Leaves of Grass», 2012, images découpées dans le magazine Life (1935–1985), colle, herbe miscanthus, mousse florale et table en bois, installation aux dimensions variables, vue de l’installation, NGC, 2014, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Avec l’autorisation de l’artiste, de la Catriona Jeffries Gallery, Vancouver, et de Casey Kaplan, New York, Photo © MBAC.
Image 3 : Alex Colville, «Vers l’Île-du-Prince-Édouard» , 1965, émulsion à l’acrylique sur masonite 61,9 x 92,5 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, Photo © MBAC.
Image 4 : Shary Boyle «Le peintre de la caverne», 2013, plâtre, bois, mousse, cheveux synthétiques, résine d’époxy, métal, peinture, paillettes, verre, 3 rétroprojecteurs sur socle sculpté sur mesure, transparents pour projection de collage photographique et commande de minuterie, 301 × 427 × 457 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. © Shary Boyle (2013). Photo: Rafael Goldchain.

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Jean-Pierre Aubé «Electrosmog Venezia» @ Biennale de Venise

Jean-Pierre Aubé est l’un des six Québécois qui seront présents cet été à la prestigieuse Biennale de Venise. Louise Déry et l’équipe de la Galerie de l’UQAM – qui a signé l’exposition de David Almejd dans le Pavillon du Canada en 2007 ainsi qu’une intervention de Raphaëlle de Groot sur le site de la Beinnale en 2013 – a invité Aubé à présenter «Electrosmog Venezia». Je me suis entretenu avec l’artiste pour y recueillir ses commentaires.J-P Aubé 01«Electrosmog» s’inscrit dans un corpus de travail amorcé par l’artiste il y a de ça presque 10 ans et qui s’intéressent au parc des fréquences radio. «La radio c’est pour moi un médium et un sujet de recherche» précise Aubé. La notion de «radio naturelle» [natural radio] – l’ensemble des ondes électromagnétiques émis par des objets naturels non électrifiés – permet à l’artiste de documenter le paysage naturel.J-P Aubé 03L’artiste ajoute.

Mon intention dans «Electrosmog» se veut de réaliser une image, une forme de graphique, de l’ensemble du type de fréquences que l’on retrouve dans un lieu. La méthode de captation se résume à une multiplication de scans qui accumule un large spectre de fréquences radio. L’image finale permet d’illustrer la présence de ces ondes dans un milieu x et d’en documenter la «pollution» hertzienne; d’où le titre du projet. [J-P Aubé]

J-P Aubé 02«Electrosmog Venezia» se veut à la fois une intervention de type performative dans les lieux de la Biennale à Venise; mais aussi une microrétrospective de projets que l’artiste a réalisés autour de la radio dans le centre de diffusion RAMradioartemobile à Rome. L’artiste s’est rendu à Venise, en décembre dernier, pour y capter les ondes de la Cité des Doges pour ensuite refaire l’expérience à Rome. «Une des particularités de la Cité du Vatican, en plein cœur de la Ville éternelle, c’est qu’elle possède le plus gros émetteur radio du monde.» En ce qui concerne le volet performatif qu’il réserve pour le Biennale, des détails sur la nature l’intervention qu’il effectuera ne peuvent m’être révélés. À suivre.J-P Aubé 04

 Jean-Pierre Aubé, «Electrosmog Venezia» présenté par la Galerie de l’UQAM, commissaire : Louise Déry. L’entrevue avec l’artiste a été réaliser le 9 février 2015. Jean-Pierre Aubé réalisera une série d’interventions en direct lors des journées d’ouverture de la Biennale de Venise (6 au 8 mai), suivie d’une exposition dans l’une des plus prestigieuses institutions de Rome, RAMradioartemobile, à compter du 14 mai. kloud.org; galerie.uqam.ca; labiennale.org.
Photo 1 et 3 : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’Arts.
Photo 2 et 4 : Jean-Pierre Aubé, Electrosmog Venezia, 2015, image tirée de la vidéo.

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Simon Starling «Métamorphologie» @ MACM

Le passage de l’artiste française Sophie Calle au Musée d’art contemporain [MACM] a pris beaucoup de place dans les médias montréalais. C’est toutefois l’exposition de Simon Starling aussi à l’affiche du musée, qui a retenu mon attention. J’ai recueilli quelques propos de l’artiste lors de la visite qu’il a accordée à la rencontre de presse.Simon Starling @ MACMtlSterling décrit «Métamorphologie» comme une «exposition d’exposition». On y réunit des œuvres disparates réalisées dans des contextes spécifiques. «Chaque œuvre se veut, pour moi, un prétexte pour trouver une nouvelle manière de travailler; une de nouvelle opportunité de collaboration. L’objet ou l’espace de narration semble se développer de manière autonome par la suite» précise l’artiste. «I do a lot of work about work’making» [SS].autoxylo03Cet accrochage permet au visiteur, selon Sterling, de faire des rapprochements formels ou thématiques entre différents travaux. S’ensuit une suite d’anecdotes sur des moments de l’histoire revisitée [historical narrative] ou sur l’histoire de l’art. Il y a aussi un certain engagement dans la pratique de l’artiste concernant des épisodes de l’actualité économique et politique actuels.longtoninstall01Le volet de l’exposition que j’ai le plus apprécié est celui dédié à la sculpture. On y retrouve, entre autres, «The Long Ton» (2009) composé de deux blocs de marbre qui semble de taille différents – l’un provenant de Chine et l’autre de l’Italie – et qui tiennent en équilibre par effet contrepoids. Outre la présence scénique, on peut y voir une certaine évocation à la disproportion dans la valeur des matières sur les marchés internationaux.Simon Starling @ MACMtl 02 

Simon Starling, «Métamorphologie», commissaire : Lesly Johnstone, 5 février au 10 mai 2015, Musée d’art contemporain de Montréal, 185 rue Saint-Catherine Ouest, macm.org.
Photo 1 & 4 : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’Arts.
Photo 2 : Simon Starling, «Autoxylopyrocycloboros», (2006). Avec l’aimable permission de l’artiste et du Modern Institute/Toby Webster Ltd, Glasgow
Photo 3 : Simon Starling, «The Long Ton», (2009), vue d’installation, neugerriemschneider, Berlin, 2009. Avec l’aimable permission de l’artiste et de neugerriemschneider, Berlin. Photo : Jens Ziehe.

 

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Valérie Belin «Surface tension», Richard Mosse «The Enclave» @ DHC-ART : entretien avec Cheryl Sim

Afin de souligner les derniers jours des expositions de Valérie Belin «Surface tension» et Richard Mosse «The Enclave». Je me suis entretenu avec la directrice artistique de DHC-ART : Fondation pour l’art contemporain Cheryl Sim. Cette dernière – très impliquer dans le milieu artistique de Montréal particulièrement dans le domaine des arts médiatique, principalement à Oboro où elle y travailla pendant presque 10 ans – signe le commissariat de ces accrochages.DHC-ART 03L’exposition de Belin était déjà dans les dossiers depuis Ryoji Ikeda [NDLR en 2012]. Toutefois, c’est en visitant la dernière édition de la Biennale de Venise que Sim à remarquer que le travail de Mosse. «Les deux pratiques semblaient à la fois complémentaires et divergent; les deux traitent d’un certain pouvoir de l’objectif de la caméra» précise la commissaire.DHC-ART 06À cet effet Sim ajoute.

Les deux expositions ne se sont jamais voulues comme un accrochage en duo. Celle de Mosse procure une sensation dynamique surtout dans son installation vidéo immersive. Tandis que Belin offre un parcours plus lent avec son travail de l’image figée. Toutefois, comme les deux expositions sont souvent visitées l’une à la suite de l’autre, le visiteur peut y voir un certain «dialogue». En effet les deux artistes – de deux générations différentes; une femme et un homme – peuvent sembler opposés. [CS]

En ce qui concerne la suite des choses. DHC-ART souhaite inviter des commissaires indépendants à venir signer des expositions dans leurs espaces. «L’objectif est d’offrir une plus grande diversité dans notre programmation pour mieux servir le public montréalais», souligne Sim. Une exposition d’un commissaire indépendant de Montréal est prévue pour 2016. Avant, cependant, Sim prépare Yinka Shonibra MBE «Pièces de résistance» dont l’ouverture sera pour la fin d‘avril.

DHC-ART 05 Valérie Belin «Surface tension», Richard Mosse «The Enclave», 16 octobre 2014 au 8 février 2015, DHC-ART : Fondation pour l’art contemporain, 451 et 465 rue Saint-Jean & 407 rue Saint-Pierre. L’entrevue avec Cheryl Sim a été tenue le 30 janvier 2015 à Montréal.

Photo 1 & 3 : Les artistes Valérie Belin et Richard Mosse lors de la rencontre des médias. Photo : Eloi Desjardins, Unshowdemotarts.
Photo 2 : Valérie Belin, vue d’exposition, Bride_XX Toys, impression pigmentaire, 2012 (g), série Still Life, impression pigmentaire, 2014 (d). Avec l’aimable permission de l’artiste et de la Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles. Vue d’exposition, Valérie Belin Surface Tension à DHC/ART, 2014-2015. © DHC/ART, Photo: Lorna Bauer.
Photo 4 : Richard Mosse, vue d’exposition: Love is the Drug, 2012 (g), Madonna and Child, 2011 (d), 2014. Avec l’aimable permission de l’artiste, de la Jack Shainman Gallery, New York. Vue d’exposition, Richard Mosse The Enclave à DHC/ART, 2014-2015. © DHC/ART, Photo: Lorna Bauer.

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Chih-Chien Wang «A Helper» @ Les territoires

«A Helper» se veut la dernière exposition de Chih-Chien Wang à la galerie Les Territoires. L’artiste y poursuit son exploration narrative de l’espace qu’il ponctue avec ses photos, ses vidéos et objets destinés à la performance du visiteur. Le parcours se veut une œuvre en soi pour Wang. Je me suis entretenu avec ce dernier, lors du montage, pour recueillir ses commentaires.CCW 01«A Helper» se veut un corpus de travail où l’artiste s’attarde aux phénomènes d’assistance de manière assez large. Wang s’intéresse à l’interaction sociale entre «aidant» et «aidé»; comment cette relation s’inscrit dans notre société. Dans cette recherche, l’artiste s’est intéressé à des faits divers tirés de l’actualité. L’exposition veut explorer cette notion assez générique qui se retrouve chez des âmes charitables, mais aussi chez un employé de soutien ou un enseignant.CCW 03

À cet effet Wang ajoute :

L’action d’aider peut arriver à n’importe quel moment dans différents contextes non spécifiques. Cet acte d’altruisme se veut une forme de conduite encourager pour le bon citoyen. Toutefois, comme enseignant, travailler à favoriser l’apprentissage m’apporte beaucoup comme individu.

CCW 04Les projets de Wang se veulent souvent assez épurés et simples. L’artiste souhaite enlever le plus d’éléments pour proposer une expérience la plus «ouverte» que possible pour le visiteur. Dans ce type d’accrochage, la séquence des sobres objets et images est le résultat d’un ajustement constant pour proposer un parcours d’exposition à la fois riche et humble.CCW 02

 

Chih-Chien Wang, «A Helper», 16 janvier au 14 février 2015, galerie Les territoires, 372 rue Saint-Catherine O., suite 527, lesterritoires.org; chihchienwang.com.
Photo 1 & 4 : Eloi Desjardins, Un Show de Mot’arts. Photo 2 & 3 : Chih-Chien Wang, avec l’aimable permission de la galerie Pierre-François Ouellette art contemporain.

Photo 2:

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Entretien avec Éric Bolduc pour «ratsdeville@québec»

Cet automne, je me suis entretenu avec Éric Bolduc; directeur, fondateur et éditeur de ratsdeville. Ce projet, qui a commencé il y a maintenant 8 ans comme blogue/webzine, est mieux connu aujourd’hui pour son bulletin d’information hebdomadaire et sa forte présence sur les médias sociaux; Facebook principalement. On veut y rendre compte de la diversité de la scène artistique montréalaise. En septembre dernier, Bolduc s’est fait remarquer alors qu’il animait une série web ratsdeville@québec. Je me suis entretenu avec ce dernier à cet effet.Eric Bolduc 02C’est Guillaume Couture, de L’Arcade Studio Transmedia, qui est venu chercher Bolduc «à la suite de ma capsule dans le cadre de l’émission Cabine C de Christiane Charette». Bell Media – souhaitant exploiter la niche de la télévision communautaire; comme son principal concurrent Vidéotron avec MaTV – a coproduit en plus de diffuser la série web sur sa chaine Fibe. En résultent 6 épisodes, chacun d’une durée de 10 à 15 minutes, où l’on y découvre artistes de la communauté artistique de Québec et ses environs.

 Vendre cette idée aux producteurs et aux diffuseurs de l’industrie de la télévision s’est avéré assez contre-intuitif. En effet, l’art contemporain demeure peu présent dans la culture populaire. À ma grande surprise, le premier épisode et pilote de la série, avec l’artiste Annie Baillargeon, s’est retrouvé au 2e rang de tous les épisodes de webtélé de Bell local; Québec, Montréal et Toronto confondus. C’est une preuve que les arts visuels ne sont pas dénués d’intérêt pour le médium télévisuel. [EB]

On peut souligner une forte présence de l’art contemporain dans le milieu télévisuel en 2014; plus particulièrement sur le web et la télé sur demande. Outre le projet de ratsdeville@québec, on peut souligner la série Les contemporains à ICI Artv ainsi que l’inauguration du portail de La Fabrique Culturelle de Télé-Québec qui ont eu un certain succès. Entre culture populaire et culture académique, les télédiffuseurs semblent avoir de la difficulté à aller chercher le grand public et faire l’unanimité chez les publics spécialisés.

 L’entrevue avec Éric Bolduc a été menée le 12 novembre 2014; ratsdeville.typad.com; larcade.ca. Photo : Eloi Desjardins; Un Show de Mot’arts.

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«FIN» @ Galerie Nicolas Robert

Au moment d’écrire ce billet, il ne vous reste plus que quelques jours pour visiter «FIN» à la Galerie Nicolas Robert. Cet accrochage réunit une œuvre de chacun des neuf artistes représentés par la galerie. Comme l’indique le titre, il s’agit de la dernière exposition de la galerie à l’édifice Belgo. Après plus de trois ans et d’une trentaine dans les bureaux du 372 rue Sainte-Catherine Ouest, Nicolas Robert déménage dans un local voisinant la galerie René Blouin dans Griffintown. Je me suis entretenu avec le directeur et fondateur de la galerie concernant ce changement.Nicolas Robert-03Il peut sembler surprenant qu’une galerie émergente quitte le Quartier des Spectacles. En effet, le Belgo demeure un lieux de passage incontournable pour les collectionneurs, conservateurs, artistes, étudiants et amateurs d’art contemporain tout acabit. «Le Belgo m’a servi à me faire connaître ainsi que les artistes que je représente. Mieux que si j’avais ouvert sur une rue hors des circuits», précise Robert. Toutefois, le sud-ouest, qui accueillera sa galerie dès janvier 2015, regroupe déjà une demi-douzaine d’excellentes galeries d’art contemporain en amont de la Fonderie Darling et de l’Arsenal.Nicolas Robert-01Avec le départ de Nicolas Robert, qui suit la galerie René Blouin et le centre d’artiste Optica. Le Belgo, qui héberge la plus grande concentration de lieux de diffusion en art contemporain au pays, semble s’éparpiller. Robert me confie que d’autres locataires pensent quitter l’édifice. «Avec les travaux pour accueillir une succursale de la banque RBC au rez-de-chaussée; la rue Sainte-Catherine qui sera fermée sous peu pour construction; l’augmentation des loyers. Le Belgo ne s’avérait pas cher jusqu’à présent, mais il semble s’ajuster au prix du marché». À surveiller pour 2015.Nicolas Robert-02

 «Fin», œuvres des artistes de la galerie, jusqu’au 20 décembre 2015, Galerie Nicolas Robert, 372 rue Sainte-Catherine O., suite 524, galerienicolasrobert.com.

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