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Visite d’atelier 2012 [partie 2] Milutin Gubash

On poursuit cette série estivale de visite d’atelier d’artiste avec un photographe/vidéaste qui devrait faire couler beaucoup d’encre cet automne : Milutin Gubash. Outre le retour de l’artiste dans une galerie privée, chez Joyce Yahouda, le Musée d’art de Joliette [MAJ] présentera «Faux semblant», de la commissaire Marie-Claude Landry. Cette exposition termine une série de cinq rétrospectives de mi-carrière.

À travers ces expositions, présentées d’un océan à l’autre du pays, l’artiste a pu faire un retour sur l’ensemble de sa pratique en plus d’offrir cinq accrochages différents organisés autour de diverses thématiques qui parcourent son oeuvre. De plus, comme le travail de Gubash se veut librement inspiré d’anecdotes personnelles, ces rétrospectives se veulent une forme d’autobiographie de l’artiste. En effet, ce dernier nous a habitués à ses films et photographies qui mettent en scène sa personne, sa famille et ses amis intimes dans des récits humoristiques, parfois absurdes, qui reflètent sa vie personnelle, mais aussi de l’autofiction. Entre autres, l’artiste a particulièrement réfléchi sur ses origines serbes et son enfance passée en Yougoslavie, un pays qui n’existe plus.

Lors de mon passage dans le superbe studio de Gubash, à la Fonderie Darling, l’artiste m’a admis qu’il préparait des expositions qui ne présenteraient pas autant d’œuvres filmiques comme il a habitué le public montréalais. Certains se rappelleront la programmation vidéo dans le cadre de la Série Projection au Musée d’art contemporain de Montréal, en 2007, et la présentation de «Born Rich, Getting Poorer» à Optica en 2008. Pour le MAJ, Gubash a préparé, entre autres, une série de grandes photographies où l’on peut apercevoir des monuments, en Serbie, aux allures très futuristes. Commandées par Josip Broz dit Tito, dirigeant politique de l’État de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (aujourd’hui en Slovénie), ces constructions suggèrent un certain exotisme soviétique maintenant désuet. En ce qui concerne son expo chez Joyce Yahouda, l’artiste a réuni une sélection d’œuvres qui se veulent emblématiques de son travail (signature Works).

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Rentrée hivernale 2011 partie 4

Samedi 15 janvier dernier, deux vernissages particulièrement réussis ont retenu mon attention. La scène des arts visuels de Montréal nous réserve, parfois, de l’émerveillement, mais souvent des déceptions. J’y reviendrai.

Tout d’abord, «The Space in Between» d’Annie Briard à la Galerie Joyce Yahouda. L’artiste y présente une animation réalisée, image par image, avec de la pâte à modelé. Cette vidéo – présentée sur un moniteur dont le boitier a été modifié pour être assorti à l’image sur l’écran – s’intègre au sein d’une installation. Celle-ci est composée d’accessoires qui ont servi au court métrage. Ce dispositif plonge le visiteur dans l’univers de ce conte urbain aux tournures fantastique. Ce travail, fort touchant, démontre les multiples talents de Briard.

Ensuite, «Tant de morts pour si peu» de Sophie Jodoin chez Oboro. L’artiste exhibait, il y a déjà quelques mois à Clark, de grandes oeuvres sur papier. Cependant, Jodoin s’exprime mieux dans le petit format. Son dessin, sobre et spectaculaire à la fois, s’avère vraiment efficace. Une projection et une boîte lumineuse ajoutent aussi une belle diversité à l’exposition. Une des meilleures présentée au 4001 rue Berri depuis cet automne.

Enfin, ce billet est peut-être trop généreux en compliments. Toutefois, quand la médiocrité est au rendez-vous, je souhaite vous en faire part. Quand le talent s’affirme, j’aime l’encenser. Des fois c’est à prendre, d’autre fois à laisser.

Annie Briard, « The Space in Between », 13 janvier au 12 février 2011, Galerie Joyce Yahouda, 372 rue Sainte-Catherine Ouest, espace 516, www.joyceyahoudagallery.com. Sophie Jodoin, « Tant de morts pour si peu », 15 janvier au 19 février 2011, Oboro, 4001 rue Berri, espace 301, www.oboro.net. Image 1 : photo Annie Briard. Image 2 : Sophie Jodoin, « Before », 2010, photo : Paul Litherland.

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